Quelques textes pour approfondir
Pour comprendre convenablement
Avant tout il convient d’être sûr de comprendre convenablement la signification des paroles que nous lisons. Je veux insister sur quelque chose qui semble évident mais qui n’est pas toujours pris en compte : le texte biblique que nous étudions a deux ou trois mille ans, son langage est très différent de celui que nous utilisons aujourd’hui. Bien qu’il nous semble comprendre les paroles qui sont traduites dans notre langue, cela ne signifie pas que nous comprenions correctement ce qu’a voulu exprimer l’écrivain sacré. Les différents moyens qu’offre l’analyse littéraire sont connus : prêter attention aux mots qui sont répétés ou mis en relief, reconnaître la structure et le dynamisme propre d’un texte, considérer la place qu’occupent les personnages, etc. Mais le but n’est pas de comprendre tous les petits détails d’un texte, le plus important est de découvrir quel est le message principal, celui qui structure le texte et lui donne unité. […]
Certainement, pour comprendre de façon adéquate le sens du message central d’un texte, il est nécessaire de le mettre en connexion avec l’enseignement de toute la Bible, transmise par l’Église. C’est là un principe important de l’interprétation de la Bible, qui tient compte du fait que l’Esprit Saint n’a pas inspiré seulement une partie, mais la Bible tout entière, et que pour certaines questions, le peuple a grandi dans sa compréhension de la volonté de Dieu à partir de l’expérience vécue. […]
Pape François, exhortation apostolique La joie de l’évangile, n°147 et 148
Sous le souffle de l’Esprit divin
Un concept clé pour accueillir le texte sacré, en tant que Parole de Dieu, faite paroles humaines, est indubitablement celui de l’inspiration. […] L’Écriture Sainte est « Parole de Dieu en tant que, sous le souffle de l’Esprit divin, elle est consignée par écrit ». On reconnaît de cette manière toute l’importance de l’auteur humain qui a écrit les textes inspirés et, en même temps, de Dieu lui-même, reconnu comme son auteur véritable.
Pape Benoit XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, n°19
La foi clé d’accès au texte sacré
Saint Bonaventure affirme à ce sujet que, sans la foi, on n’a pas la clé d’accès au texte sacré : « C’est de cette connaissance de Jésus-Christ que découle, telle une source, la certitude et l’intelligence contenue dans toute l’Écriture Sainte. En conséquence, il est impossible d’entrer dans la connaissance de l’Écriture Sainte sans cette foi venant du Christ. Cette foi est lumière, porte et aussi fondement de toute l’Écriture ». Et saint Thomas d’Aquin, en mentionnant saint Augustin, insiste avec force : « Même la lettre de l’Évangile tue s’il manque à l’intérieur de l’homme, la grâce de la foi qui guérit »
Pape Benoit XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, n°29
Pour découvrir exactement le sens des textes sacrés
Cependant, puisque la Sainte Écriture doit être lue et interprétée à la lumière du même Esprit que celui qui la fit rédiger, il ne faut pas, pour découvrir exactement le sens des textes sacrés, porter une moindre attention au contenu et à l’unité de toute l’Écriture, eu égard à la Tradition vivante de toute l’Église et à l’analogie de la foi.
Concile Vatican II, Dei Verbum, n°12
Seul Dieu connait Dieu
Seul Dieu connaît Dieu ; et en conséquence, seul Dieu peut parler de Dieu d’une manière adéquate et fiable. C’est pourquoi, seule une parole qui provient de Dieu peut parler de Dieu de manière juste. L’affirmation « Parole de Dieu » (« Parole du Seigneur ») invite les fidèles à être conscients de ce qu’ils sont en train d’écouter et à y prêter une attention appropriée. Ils doivent avoir le respect et la gratitude qui sont dus à la Parole qui vient de Dieu, se rendre attentifs pour percevoir et comprendre ce que cette Parole communique sur Dieu, et ainsi entrer dans une union toujours plus vivante avec Lui.
Commission biblique pontificale, 22 février 2014
Dans ce dialogue avec Dieu nous trouvons la réponse
Dans ce dialogue avec Dieu, nous nous comprenons nous-mêmes et nous trouvons la réponse aux interrogations les plus profondes qui habitent notre cœur. Car la Parole de Dieu ne s’oppose pas à l’homme, ne mortifie pas ses désirs authentiques, bien au contraire, elle les illumine, les purifie et les porte à leur accomplissement. Comme il est important pour notre temps de découvrir que seul Dieu répond à la soif qui est dans le cœur de tout homme ! À notre époque et surtout en Occident, s’est malheureusement diffusée l’idée que Dieu est étranger à la vie et aux problèmes de l’homme et, plus encore, que sa présence peut être une menace pour son autonomie. En réalité, toute l’économie du Salut nous montre que Dieu parle et intervient dans l’histoire en faveur de l’homme et de son salut intégral.
Pape Benoit XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, n°23
Les sens de l’Écriture
Selon une ancienne tradition, on peut distinguer deux sens de l’Écriture : le sens littéral et le sens spirituel, ce dernier étant subdivisé en sens allégorique, moral et anagogique. La concordance profonde des quatre sens assure toute sa richesse à la lecture vivante de l’Écriture dans l’Église :
Le sens littéral. C’est le sens signifié par les paroles de l’Écriture et découvert par l’exégèse qui suit les règles de la juste interprétation » Tous les sens de la Sainte Écriture trouvent leur appui dans le sens littéral « .
Le sens spirituel. Grâce à l’unité du dessein de Dieu, non seulement le texte de l’Écriture, mais aussi les réalités et les événements dont il parle peuvent être des signes.
- Le sens allégorique. Nous pouvons acquérir une compréhension plus profonde des événements en reconnaissant leur signification dans le Christ ; ainsi, la traversée de la mer Rouge est un signe de la victoire du Christ, et ainsi du Baptême.
- Le sens moral. Les événements rapportés dans l’Écriture peuvent nous conduire à un agir juste. Elles ont été écrites » pour notre instruction » (1 Co 10, 11)
- Le sens anagogique. Nous pouvons voir des réalités et des événements dans leur signification éternelle, nous conduisant (en grec : anagoge) vers notre Patrie. Ainsi, l’Église sur terre est signe de la Jérusalem céleste.
Un distique médiéval résume la signification des quatre sens : Le sens littéral enseigne les événements, l’allégorie ce qu’il faut croire, le sens moral ce qu’il faut faire, l’anagogie vers quoi il faut tendre.
Catéchisme de l’Église catholique, n°115 à 118