À la messe Dieu nous invite !

Venez car tout est prêt !

 

Ce qui distingue l’Église de toute communauté humaine, c’est d’abord que le Christ est parmi elle. Rappelez-vous une scène de l’Évangile : ce soir que les disciples qui avaient déjà vu le ressuscité étaient assemblés en un même lieu, toutes portes étant closes, avec Thomas, celui qui ne l’avait pas encore vu. Avez-vous pensé à cette merveilleuse attente de ceux qui savent qu’il viendra, qu’il est déjà là en quelque sorte et qu’il n’attend plus que le moment favorable où tous seront réunis pour révéler sa présence, pour la révéler à celui qui ne sait pas encore ?

L’Église est aujourd’hui comme elle était ce soir-là et fidèle à la promesse qu’il lui a faite, « dès que deux ou trois sont réunis en son Nom, le Christ est au milieu d’eux ». Comme alors elle ne cesse de s’adjoindre de nouveaux membres pour qu’en se révélant à elle il se révèle aussi à eux. Nous allons entrer dans la salle du festin et notre joie est grande. Notre joie est grande parce que nous savons qu’il viendra. […]

 

Vous allez rencontrer le Christ, comme Nathanaël, comme la Samaritaine au puits de Jacob, comme Paul sur le chemin de Damas, comme des multitudes d’autres, comme nous tous. Sans doute, cette rencontre ne sera pas éclatante pour vous comme elle l’a été pour tel ou tel, mais cela n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est qu’il sera là, c’est qu’il viendra lui-même pour vous, pour vous et non un autre, pour vous qu’il a connu avant que les mondes eussent été créés par lui, pour vous à qui il a pensé dans son agonie, pour vous sur qui, un jour, dans cette église où vous allez vous rendre à sa rencontre, il a posé sa main invisiblement mais sûrement : ce jour de votre baptême où vous vagissiez, insouciant de l’eau qui coulait sur votre front, mais où lui n’attendait pas pour vous embrasser que vous puissiez le reconnaître ; car ce n’est pas vous qui l’aviez aimé en premier, c’est lui qui vous a mis à part dès lors pour faire de vous le « saint » qu’il veut faire de chaque homme, avant même que celui-ci soit capable de discerner le bien et le mal. […]

 

Ce qui est essentiel au christianisme, ce n’est ni un système doctrinal, ni une organisation ecclésiastique, ni même l’Écriture, c’est une personne : la personne de Jésus de Nazareth : toutes ces autres choses ont leur rôle à jouer, dans sa dépendance, mais il est le chemin, la vérité, la vie, lui, entendez-vous ? Lui-même, sa personne.

Toute notre religion prend donc sa source dans une rencontre avec lui, rencontre de personne à personne, aussi réelle, aussi effective, aussi vivante et concrète que la rencontre d’un homme avec un autre homme, mais infiniment plus intime, plus pénétrante, plus transformante. Ainsi donc, comprenez-vous l’importance unique de cet acte de votre première communion : votre première rencontre personnelle avec le Christ. […]

 

Jésus va entrer bientôt dans la salle du festin des noces. Il nous a envoyés vous chercher, nous disant : « Contraignez-le d’entrer ! » Vous allez venir, vous allez vous présenter devant lui et lui s’arrêtera devant vous et il vous parlera.

Quelque sympathie qui nous unisse malgré les distances à ceux que nous aimons, il est une grande différence entre la joie que peut nous donner la lecture d’une lettre ou le rappel d’un souvenir et la joie d’accourir au rendez-vous où nous les verrons eux-mêmes, où nous savons, en y allant, qu’ils y sont déjà qui nous attendent. Ce rendez-vous, le Seigneur vous le donne à la table de son Père.

 

Père Louis Bouyer (1912-2004), Venez car tout est prêt, la communion eucharistique (Ad Solem, 2012, p. 17-23)

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