Accueillir le Christ à Noël

La grâce de Noël

 

Si, d’un point de vue théologique, Pâques est au centre de l’année liturgique, « Noël est la fête de la foi la plus humaine, parce qu’elle nous fait sentir au plus profond l’humanité de Dieu. Nulle part on ne ressent comme à la crèche tout le sens de la volonté de Dieu qui voulut se faire “Emmanuel”, “Dieu avec nous”, un Dieu d’intimité, parce qu’Il nous rencontre sous les traits d’un enfant. Noël est donc aussi tout particulièrement une fête qui invite à la méditation, à la contemplation intérieure de la Parole » (cf. Lc 1, 29 ; 2, 19 ; 2,51). […]

 

La chaleur humaine du jour de Noël nous touche tellement qu’elle a largement dépassé Pâques dans le cœur des chrétiens. Elle ne s’est développée qu’au Moyen Âge et c’est François d’Assise qui, par son profond amour pour l’homme Jésus – Dieu avec nous – contribua à créer cette nouveauté. […]

 

La nouvelle dimension que François, avec sa foi qui touche le cœur et la sensibilité, offrit à la fête chrétienne de Noël : la découverte de la révélation de Dieu (qui se trouve précisément là où est l’Enfant Jésus). C’est ainsi, justement, que Dieu est vraiment devenu « Emmanuel », Dieu avec nous, dont ne nous sépare aucune barrière de souveraineté ni de distance. Il s’est fait si proche de nous sous les traits d’un enfant que nous avons l’audace de le tutoyer et pouvons lui dire « tu » en nous adressant directement au cœur de l’enfant.

 

L’Enfant Jésus, l’Amour désarmé de Dieu est manifesté : Dieu vient à nous désarmé parce qu’il ne veut pas conquérir de l’extérieur mais gagner les cœurs et les transformer de l’intérieur. S’il est quelque chose qui puisse vaincre l’Homme, sa superbe, sa violence, son avidité, c’est bien la vulnérabilité de l’enfant. Dieu s’en est revêtu pour nous gagner à Lui et nous conduire à nous-même.

 

N’oublions pas que le plus haut titre de dignité de Jésus-Christ est « le Fils », Fils de Dieu. La dignité divine s’exprime par un moi qui désigne Jésus comme l’Enfant éternel. Sa nature d’enfant est en correspondance unique avec sa divinité, qui est celle du « Fils ». Ainsi, son humanité sous les traits d’un enfant nous indique la manière dont nous pouvons venir à Dieu, à la divinisation. Et sa Parole se comprend à partir de là : « Si vous ne changez et ne devenez comme les enfants, non, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » (Mt 18, 3).

 

Celui qui n’a pas compris le mystère de Noël n’a pas compris l’essentiel de la vie chrétienne. Qui ne l’a pas accueilli ne peut entrer au Royaume des Cieux. Voilà ce que François voulut rappeler d’une manière nouvelle aux chrétiens de son temps et de toutes les générations venir. […]

 

Mais qu’en est-il de nous ? Sommes-nous si éloignés de l’étable parce que nous sommes trop raffinés et trop intelligents pour cela ? Ne sommes-nous pas, nous aussi, tellement embrouillés dans une savante exégèse, dans des preuves de l’inauthenticité ou de la véritable place historique, que nous sommes devenus aveugles pour l’Enfant lui-même et ne percevons rien de Lui ? Ne sommes-nous donc pas trop enfermés à « Jérusalem », au palais, en nous, dans notre superbe, ou dans notre peur de la persécution, pour pouvoir entendre en pleine nuit la voix des anges, nous mettre en route et adorer ?

 

Cardinal Joseph Ratzinger, La Grâce de Noël (Éd. Parole et Silence, 2005, préface et p. 53, 58-59 et 64)

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Et moi, comment est-ce que je prépare chaque année Noël, très concrètement ? Comment est-ce que j’accueille ce don immense ? Est-ce que l’humilité de Dieu me touche ?

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